Les animaux Accueil La forêt Les paysages mer et lacs Les animauxC'est la fin de l'hiver Poésie et aquarelle de Nouchka Favez Un vent chaud souffle sur les crêtes, Nuages ou pluie, rien ne l'arrête. La neige lourde, molle fond Dégouline vers le vallon Et le débit bientôt s'accroît. Le ruisseau qui longe les bois Dans son lit clair et caillouteux Devient torrent tumultueux. Il gronde, bondit, inonde Le pâturage de ses ondes Qui alors se métamorphose En un lac presque grandiose. Même une cane et son canard Heureux, barbotent, les veinards. De moelleux manchons de mousse Etreignent branches et pousses De frênes tout frigorifiés Par les dernières giboulées. Et leurs hautes cimes s'élancent Pour chasser l'hiver qui danse Avec des fées scindant leurs troncs En digantesques diapasons. Le sous-bois encore endormi Bientôt s'éveille presque surpris : C'est le soleil qui le caresse. Les bourgeons que la sève oppresse Libèrent leurs feuilles chiffonnées Dont les nervures déplissées Vont renaître vers la lumière, Timides, craintives mais fières D'accueillir enfin le printemps Et le ciel bleu, il était temps !
Les fleurs Les rivières Les arbres Les paysages AccueilFroidure Poésie et aquarelle de Nouchka Favez La neige de sa houppelande Etreint la terre frigorifiée Enlaçant les herbes séchées, Interrompant leur sarabande, Sous un épais manteau de soie Qui dans le pâle soleil chatoie. Autour des branches dénudées, Envahies par de vieux lichens Tout rabougris et désolés, Que plus un souffle ne retienne, Le givre a noué sa dentelle Créant des formes irréelles. Sur le petit étang gelé C'est un renard qui a marché, Bravant sa peur il a osé Sur la glace s'aventurer. Les temps sont durs pour lui Goupil, Depuis de longs jours il chemine. Tout amaigri que cherche-t-il ? Son estomac crie famine Le ventre creux, la gueule vide ! Soudain son déjeuner surgit : Déjà sorti de son logis C'est un mulot qu'il croque avide. Timidement le ciel s'éveille Très refroidi et sans soleil. C'est un flocon, puis un puis deux... Qui s'égrènent silencieux Sur une forêt endormie Dans une douce léthargie. Et le ruisseau interloqué De voir son eau blanche et gelée, S'endort dans le creux de son lit Protégé par ce blanc duvet Qui l'entoure et qui le garnit, C'est l'hiver qui est à son chevet.
Expositions Poésies II PoésiesL'automne Poésie et aquarelle de Nouchka Favez Les tons vert froid du feuillage Parfois bleutés en cas d'orage, Inexorablement s'effacent Cédant au jaune chaud la place. Toute inondée de soleil, La forêt en feu s'émerveille De cette lumière nouvelle, De ces teintes presque irréelles, Que des couleurs vives et si pures Lui soient prêtées par la nature. De toutes ses forces elle flamboie, Elle rayonne, éblouit, chatoie. La chaleur cède à la froidure, Le vent souffle sur les ramures. Il neige alors des flocons d'or, Comme une danse qui s'endort. Ils virevoltent avant de choir Créant un manteau rouille et noir. L'hiver annonce sa cohorte De longues pluies monotones, Tourbillonnent les feuilles mortes Ultimes valses que l'automne Offre aux sapins qui se résignent, Juste accablés par tous ces signes, A la très longue léthargie Qui leur préservera la vie. L'oeuvre rude des bûcherons A dépouillé de ses longs troncs La forêt du flanc du coteau Que surplombe un ancien château. Et d'énormes amas de fûts Intimidés d'être aussi nus. Billes de bois bien allignées, Branches coupées et dispersées, Bordent le chemin étonné De se voir ainsi transformé En un impressionnant linceul Dont la nature doit faire le deuil. Il pleut, la mousse gorgée d'eau Camouffle quelques champignons, Ils déploient leurs petits chapeaux, Parfois effrités mais mignons, Coquins en forme de phallus, Tout justes émergés de l'humus. Timides cachés sous les feuilles, Effarouchés et sans orgueil, Ou si fiers et si arrogants Qu'ils imitent des clignotants, Parés de taches floconneuses Rouge violent ou chair vineuse. La terre par endroits creusée, Par le poids des ans toute usée, S'emplit de mille flaques d'eau, Miroirs éphémères en cadeau. On y voit les arbres à l'envers Curieux reflet de l'univers...
L'été Poésie et aquarelle de Nouchka Favez Emergeant au-dessus des crêtes Comme des formes indiscrètes, Des nuages en cumulus Enflent de moiteur et d'emphase Tels de gigantesques phallus Car c'est l'été et c'est l'extase ! Accablées par tant de chaleur Les pressions entrent en turbulence, Un vent chaud et ensorceleur Anéantit la somnolence De gros nuages gris de Payne Qui s'entrechoquent violemment Assombrissant toute la plaine. La foudre gronde en ce moment, Le ciel noir est déchiqueté, Les éclairs fusent en pléthore, Pluie et grêle sont irritées Et le tonnerre rugit encore... Et puis comme il était parti Revoilà Grand Maître Soleil, De son esclandre repenti Il vient pour réchauffer la treille. Les feuilles bordées de perles Les fleurs toutes de rutilance, Séduisant mésanges et merles Ploient, vaincues par l'abondance De la soudaine humidité Emanant du sol détrempé, Qui s'évapore, brouillard ouaté Et devient rideau éthéré. Dans la forêt parfois s'endorment De vieux troncs morts et sacrifiés, En hideux dragons se transforment Comme un mythe immobilisé. Des insectes en phosphorescence En quête de leur nourriture, Y consruisent leur résidence, L'écorce devient pourriture, Pharamineuse sépulture Absorbée par Mère Nature.
P o é s i e s II
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